Passion moto

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DIALMAX
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Re: Passion moto

Messagepar DIALMAX » 11 Déc 2025, 09:37

Je suis à fond, comme avec les bécanes, contre la guerre, le peuple sombre dans la misère au bénéfice d'une minorité, on ne peut pas connaître la réaction des jeunes, moins jeunes aussi tant qu'ils ne sont pas devant la situation, on est souvent surpris, pour moi les militaires ce n'est pas ma tasse de thé ( je devrait dire café au lait je n'affectionne pas le thé) j'en ais connu des biens mais c'est comme les poissons volants.
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SAMDOHC
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Re: Passion moto

Messagepar SAMDOHC » 15 Déc 2025, 10:19

Coluche résumait la guerre ainsi:
" La guerre c'est le massacre de braves gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui, eux, ne se massacrent pas".

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DIALMAX
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Re: Passion moto

Messagepar DIALMAX » 15 Déc 2025, 11:16

Absolument. Ces jours j'entendais le procès de Nuremberg sur France Inter, édifiant.
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DIALMAX
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Re: Passion moto

Messagepar DIALMAX » 26 Déc 2025, 15:56

La moto va revenir mais il y a quelques suites de la guerre :

J’étais très jeune, fin des années 40 début 50, des personnes venaient souvent chez nous, les bonnes relations avec mes parents m’ont fait penser qu’ils étaient amis, ils habitaient chez d’autres familles, souvent dans des fermes, je n’avais aucune raisons de me poser des questions, quelques-uns sont partis aux alentours des années 50, d’autres sont restés dans la région, ils passaient nous voir de temps en temps, certains étaient clients, je les appréciais beaucoup, quand j’ai fait le nouvel atelier magasin à Cusset, ils venaient toujours me dire bonjour, je ne me posais pas la question du pourquoi puisque je les avaient toujours vu !
Fin des années 80, un fidèle, taxi, profitait de ses courses sur Vichy pour me dire bonjour, un matin il me prend à part et me dit :
- Il est temps que je te parle, sait tu pourquoi je passais toujours te voir ?
- Non ! Histoire de discuter.
- Non, tes parents m’ont caché avec ma famille pendant la guerre, donc jusqu’au bout si je vois que tu as besoin je serais toujours là..
J’étais un peu soufflé, je ne pensais pas à ça.
Dans les mêmes époques j’avais un couple de clients retraité artisans, je les avais pratiquement toujours connus clients, des personnes très sympathiques, quelques fois en rentrant du garage on faisait un détour pour leurs amener ce dont ils avaient besoin pour les engins, ou simplement dire bonjour, plus âgés ils se déplaçaient moins.
Un soir, comme avec le taxi, ils ont désiré m’expliquer quelques chose , ils avaient vécus la même situation avec mes parents et la même raison de leur attachement vis-à-vis de moi .
Il y a une quinzaine d’années, nous étions dans un magasin de Clermont Ferrand, un monsieur âgé nous accueille , nous propose un thé, nous demande ce que l’ont faisait la bas car notre accent était plutôt bourbonnais , je lui répond qu’effectivement nous sommes proches de Vichy, que nous avions été déjà clients quand il avait encore le magasin de Vichy, qu’il devait sans doute connaître mon nom et mon activité, mon père ayant démarré à Boucé en 1938, il me répond que sa famille avait été cachée à Boucé pendant la guerre , je lui demande ou, il ne se rappelait pas mais me demande de citer des noms, j’ai réfléchi que ce ne pouvait être que des amis de mes parents, le premier nom était le bon.
Avec l’expérience des personnes précédentes, en cogitant j’ai fait le rapprochement entre les amitiés, les bonnes relations qu’il y avait entre mes parents et plusieurs familles de notre village .
J’ai vécu une situation différente , après la guerre il y avait 2 ouvriers agricole Allemand, Shell et Oscar, dans une ferme, ils étaient client moto de mon père, il leur avait vendu des Gnome et Rhone ( un 125 R4 vert et une LX200 bordeaux) ils étaient sympa, ils discutaient beaucoup avec mes parents, racontaient leurs histoires, je me souviens de celle du « grand » Shell, il était à Stalingrad il ne supportait plus la guerre, Hitler, il comprenait qu’il risquait de ne pas en sortir vivant, il cherchait une solution pour être rapatrié, son idée était d’être blessé, il s’est placé tête première dans un trou d’obus et il a attendu l’explosion d’autres obus pour être blessé aux jambes, c’est arrivé, donc il a été ramener en arrière. Pourquoi ils étaient en France je ne me souviens pas, Prisonniers ? Déserteurs ? Pendant les années 50 ils avaient recontacté leurs familles puis ils sont retournés en Allemagne.
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Re: Passion moto

Messagepar DIALMAX » 28 Déc 2025, 10:26

« Résistance » par l’expérience de mon père ce n’est pas un vain mot dans la famille.
Nous voici après 1945. Les Bourbonnais, comme le reste de la France manquaient de véhicules, les 2 roues étaient une solution intéressante, disponibilité, prix, la voiture n’était pas encore développée c’était encore un véhicule de luxe.
Afin de fournir ses clients, il rachète des motos aux domaines pour les remettre en état et leurs redonner une identité, à cette époque certains ne se sont pas cassé la tête, à défaut de posséder la bonne carte grise ils en attribuaient une autre pour la moto entre leurs mains, j’ai vécu la situation vers 1955, j’avais 10 ans, un nouveau client arrive pour faire réviser une « Saroléa » le paternel sort de l’atelier et derechef lui dit :
- « Ce n’est pas une SARO »
- « Si j’ai la carte grise »
- « C’est une TRIUMPH 350 soupapes latérales environ 1930, vous n’avez qu’à gratter la peinture ici vous trouverez TRIUMPH . Je souhaite qu’en repartant vous ne soyez pas arrêté par des flics connaisseurs » (il y avait un ampèremètre encastré sur le réservoir, elle avait été repeinte en rouge sans précautions)
Manquant de chance au bout de 5/6 km il se fait arrêter par 2 motards, l’un d’eux lui dit :
- « Ce n’est pas une Saro j’en ai eu une »
- « Rémondin vient de me le dire et lui reconnais une Triumph ! »
Ils lui enjoignent de ramener la moto à mon père pour la représenter aux services des mines. Finalement le paternel lui a repris et lui en a vendu une autre, quelques années après j’ai passé le permis avec cette Triumph, j’ai toujours en mémoire l’ingénieur des mines frappant la plaque réalisée par mon père et demandant l’emplacement d’origine pour la fixer.
Parmi les motos achetées aux Domaines il choisit une 350 BSA B24 des années 30 (il y en avait plusieurs je les ai vues) il a préparé le moteur pour courir.
Si il possédait l’esprit compétition il avait toujours se désir de prouver sa valeur malgré le handicap.
Quand on regarde les anciennes photos on est souvent surpris de voir les hommes en costume cravate et chemise blanche, l’armoire n’était pas bourrée de vêtement comme aujourd’hui, la coutume exigeait que l’on soit habillé correctement pour les sorties, même pour une compétition moto.
PHOTO : 1
Comme indiqué par le paternel sur la photo, un doute sur l’année 1946 ? 1947 ? Moulins, il avait gagné, il a souvent réalisé de belles places .
Sa BSA B24 s’améliorait petit à petit, suppression du lourd garde boue avant, allègement de l’arrière, par soucis d’aérodynamisme notons la forme de la plaque à N° avant ! Surélévation des reposes pieds (importance de la garde au sol, il affectionnait les virages)
A l’occasion d’une course, un pilote connu à l’époque, Bernard Daoust, lui demande « comment fais-tu pour virer, je ne pouvais pas te suivre! »
Mon père lui répond par une question :
- Pour rentrer à Paris tu as le choix entre 2 routes : la première avec de grandes lignes droites la seconde une route à virages laquelle prends-tu ?
- Bernard Daoust répond : les lignes droites bien sûr !
- Et bien moi la route a virages
J’avais 4/5 ans mais je me souviens de B. Daoust car il avait plein de pansements, je me suis dit : il doit tomber souvent ! Je pense 2éme à partir de G sur la photo 2.
PHOTO 2
Je me languissais de faire un petit tour sur la BSA, ma mère ne voulais pas, avant le repas de midi un des ouvriers il m’a assis sur le réservoir devant lui (à l’époque les ouvriers éloignés mangeaient avec nous) j’avais 3 ans, et on a du faire 5/6 km, il a eu quelques remontrances par ma mère, le paternel n’a rien dit ! Je me vois toujours tenant fermement le centre du guidon.
Circuit de Bourges, 47/48 ? la BSA a subit des évolutions, toujours le souci d’aérodynamisme qui a suscité avant le départ la contestation du contrôleur lui reprochant d’avoir monté son garde boue à l’envers, ils voulaient lui couper avec une cisaille !!!
Un autre guidon plus bas.
Ses pneus ont aussi été le sujets de réclamations, il roulait avec des enveloppes usées qu’il redessinait avec une scie à métaux ainsi que des basses pressions, on le constate sur certaines photos.
Pendant une course à Bourges il a découvert les bienfaits de la glisse ; le circuit passait sur la place de Séraucourt et la trajectoire classique obligeait à un large détour, au essais il remet les gaz un peu tôt, la roue arrière glisse, ¼ de seconde il pense « c’est fichu » et il constate être pile en face de la sortie, gaz à fonds et du temps de gagné !!!! les tours suivant il a eu la conviction que le bon truc était là ! Quelques tours pour mettre au point la technique afin de la refaire pendant la course ; résultat le record du tour à toute catégorie..
Il aimait raconter son passage à chaque tour, un curé c’était placé juste en face de l’endroit où il partait en glisse, en remettant les gaz il fonçait droit sur le curé qui, le visage effrayé, faisait son signe de croix !!!!! Mais il restait à sa place !
PHOTO 3
Sur le réservoir il avait écrit : de l’amour ou de la haine, jamais d’indifférence.

On remarque la présence de trous sur le mégaphone, sans doute dans le but d’augmenter les performances, aucune limite de bruit à l’époque, je n’ai pas de souvenir qu’il m’en a parlé plus tard.
Nous voici en 1948, d’après mes déductions, effectivement par le plus grand des hasards je suis sur la photo et on m’a toujours dit que j’avais 3 ans ! Je suis dans les bras de l’épouse d’un ami de mes parents. (flèche)
Un des nombreux virages de la course de côte de la Baraque au-dessus de Clermont-Ferrand qu’il affectionnait, il a gagné plusieurs fois avec le record toute catégorie.
Il avait la réputation d’une sérieuse « attaque » comme on le dit maintenant, et avant son départ les spectateur autour de nous disaient : « tu vas voir , Rémondin est formidable en virages » etc etc
Ma mère et son amie rigolaient sous cape, et quand il est arrivé je me suis mis à hurler papa, les gens surpris ce sont retournés, mon père a eu un mouvement de tête que j’ai eu vite fait d’interpréter: « maman, il m’a entendu il a tourné la tête » ! Mais c’est bien sûr, ma voix avait couvert le bruit du mégaphone de la BSA !
PHOTO 4
Les spectateurs derrière ou assis sur les bottes de paille! Ceux de mon âge ont connu à Charade 1973 donnant lieu à des contestations justifiées de la part des pilotes.
Les occasions de se divertir n’étaient pas encore très nombreuses, les spectateurs étaient nombreux.
Le lieu de la course donne aussi une explication, l’Auvergne, une patrie de la moto, pourtant situé à peu de kilomètres de l’Allier, la différence est énorme, beaucoup d’amateurs, de passionnés ; ce n’était pas un hasard si le paternel a eu un chemin commun avec le Moto Club d’Auvergne (j’ai aussi été membre du MCA)
PHOTO 5
Pour confirmer cette photo en voici une autre prise dans le virage « de la Pierre Carrée » qui confirme le nombre et la tenue des spectateurs.
Il portait toujours sa paire de lunette « masque » avec de la fourrure, il souffrait de sinusite chronique qu’il attribuait au produits hautement volatiles dont il se servait (surtout avant-guerre) pour faire des mélanges afin d’avoir des carburants plus performants, alors, entre préparations et nez au-dessus du bouchon de réservoir ? Aujourd’hui je fais un autre diagnostic à son époque on en parlait pas mais il m’a transmis son problème et c’est simplement, si je puis dire, de l’allergie.
Je termine l’épisode de la BSA avec la célébration d’une victoire, celle-ci se situe à Bourges en 1946, on remarque qu’il avait de quoi occuper ses doigts sur le guidon !!!!
J’ai oublié une précision donnant de la valeur à ses performances, son handicap le gênait énormément pour pousser la moto à la mise en route, sauter en amazone, il demandait souvent qu’on le pousse en partant le dernier mais ensuite il fallait remonter le troupeau !

Les débuts difficiles de sa vie (orphelin de père, polio, très nombreux séjours à l’hôpital, greffes, 14 ans une auto qui lui roule sur cette même jambe droite déjà martyrisée) lui ont donné une certaine rage, pas toujours facile la vie à ses côtés mais il a fait ce que je suis, sans oublier ma mère aidée par sa gentillesse, toujours disponible, accueillante, courageuse, elle facturait, répondait au téléphone, commandait les pièces sans oublier les repas la maison, les journées étaient longues. La période 1952 / 1958 a été difficile entre l’accident du paternel les interventions en clinique de ma maman, a 15/16 ans mon père a décidé que je la soulageais au bureau.

Ho ho !!! Mais au fait, qu’est devenu la BSA ?
Mon père l’a vendue, l’acheteur ne lui a jamais payé il a gardé la carte grise, sans carte grise le type revend la BSA, ignorant ce problème c’est l’ancien ouvrier m’ayant fait faire le tour qui la rachète, il y a une vingtaine d’années je suis allé le voir à son entreprise (concession tracteur agricole, aujourd’hui un petit neveu est mécano chez lui ) pour savoir ce qu’il restait de la BSA, il faut avouer, pas grand-chose .

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xavier17
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Re: Passion moto

Messagepar xavier17 » 28 Déc 2025, 11:24

recits tres interessants. chaques epoques a ses valeureux funambules sur deux roues , et les risques sont toujours aussi presents ...
vivement la suite .. :)
l intuition est la vigie de la raison .

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Aurelia B20
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Re: Passion moto

Messagepar Aurelia B20 » 28 Déc 2025, 11:53

Je suis sous le charme, de belles histoires avec des gens "biens", ça manque cruellement aujourd’hui, ou alors on n'en parle pas ... ;)
Patrick
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Jeff85
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Re: Passion moto

Messagepar Jeff85 » 28 Déc 2025, 15:32

Chouettes " tranches de vie " ...
Merci DIALMAX !
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